Le Ladack...

Publié le par Antoine

Le Ladack?

Comme beaucoup d'experience que j'ai eu la chance de vivre en Inde, le Ladack se vit et se raconte difficilement. Je me mets au defi de decrire notre periple avec Vivien, Amaury, Victor, Youndous et Durgan... dans l'Himalaya.

 

Notre premiere experience se situe entre Delhi et Leh, petite ville submergee de touristes perchee a 3500m et depart de notre trek.

Nous avons fait ce voyage en 3 jours avec une etape: Delhi-Manali puis Manali-Leh.

Le depart de Delhi se fait sans encombre sur un bon timing malgres les indiens qui font tant d?effort pour nous assurer qu'il n'y a pas de bus pour Manali et nous recaser dans leur agence de voyage poisseuse d'arnaque. Le premier trajet dure 14 heures et la sortie Delhi est un grand soulagement. Un voyage sans encombre, a toute allure sur les petites routes qui commencent gentiment a s'enfoncer dans la campagne.

 

Une fois sur Manali, il n'aura fallu qu'une heure pour reserver un taxi pour Leh... reservation faite dans la nuit a un gars au sourire encourageant et au costard miteux. Pendant quelques heures on se demandera quand meme si c'etait bien raisonnable de lui donner 2400 Rs sans avoir aucune garantie que le taxi se pointe bien a la bonne heure au bon endroit. Mais il etait la! Et pas tout seul!! Il debordait de Tibetains. Au total on etait 11 dans la jeep avec un chauffeur, un militaire du Ladack qui rentre de permission, Victor et moi et... le groupe de pop tibetaine. Quand je dis qu'il faut le vivre! Les fashion victim allait a Leh pour deux jours de concert. Les premieres heures ont ete un peu timides (et puis il faisait nuit). Notre premier vrai contact sera lors d'une pause forcee par un camion renverse en travers de la route. Les 3 chauffeurs n'avaient apparemment pas ete blesse car ils ont disparu a la vitesse du vent. Comme me l'a precise notre chauffeur, c'est normal car ici 'renverser son camion au bord d'un fosse et y risquer sa vie is not allowed?? tu m'etonnes!

 

 

 

Les tibetains etaient vraiment marrant avec une peche d'enfer, la musique au bord des levres a longueur de journee et un malin plaisir a griller clop sur clop dans la jeep. Une pincee de virages en epingle, un soupcon de manque d'oxygene et bien mijote sur de longues heures de tapcul a l'arriere de la jeep, les deux ptis frenchies etaient vite hors service. Victor a exprime son mecontentement par une belle petite mousson de boyaux et moi par une migraine dont meme une bonne soiree lilloise ne m'a jamais fait cadeau. Et les tibetains chantent toujours.

Puis ca c'est carrement transforme en defi physique, ou le mental est devenu notre seule force de frappe. Y croire (a l'arrivee...bientot) et se dire que ca ne peut pas etre pire. On nous avait prevenu de cette acclimatation a l'altitude. Mais on imaginait pas se la farcir a onze dans une jeep. Avec des tibetains qui chantent encore?

Le jackpot, le chef d'oeuvre, c'est quand on est bloque par la neige vers 5000m. Une rangee de vehicule immobile pendant des heures, la nuit qui (re) tombe, et les tibetains...toujours!

 

 

 

 

 

 

 

 

Victor fait l'aller retour derriere un camion avec de moins en moins de PQ et moi je ne sens plus baucoup mon nez. Finalement on s'arrete dans une yourte pour passer la nuit. On s'endort blotis sous des montagnes de couvertures, tout habille en esperant s'endormir le plus vite, fuir le froid et les maux de ventre et de tete. J'aurais deux souvenirs de cette nuit la neige qui me font entre les orteils car mes couettes touchent la bache de la tente, et les quelques gouttes de vapeur expirees par Victor cristalisees dans sa moustache. Sinon, je n'ai pas dormi. Le reveil fut aussi un grand moment. Victor s'apercoit qu'il a perdu son equilibre en se levant et decide de se rattraper sur une etagere pleine de biscuit et moi j'essaie d'avaler 2 cookies, bouchee apres bouchee en machant bien.

Enfin le soleil pointe, et nous sentons que ca va mieux. Il reste 10h de route et de belles pleines a traverser.

 

Leh ! Enfin !! Cette ville est entourée de montagnes ce qui donne un paysage grandiose et atypique. Mais partout, partout, des touristes, encore et encore. Les mêmes vendeurs de cashemir qu'a Bangalore ou Chennai, et les memes souvenirs en vente un peu partout : Petit-bouddha-en-bois-de-sental, pierres-precieuses-du-kerala (etat de l'extrême sud du pays alors que nous sommes dans l'extrême nord !), vrais-tapis-pas-cher-pas-cher. Cette première introduction au Ladack est tres decevante... Vivement la montagne ! La vraie !

 

 

 

 

Nous retrouvons Vivien et Amaury, respectivement banquier et professeur de SVT. Il nous faudra deux jours pour organiser notre voyage, ou plutôt le faire organiser par une agence. Au départ, nous avions le souhait de partir seuls, tels des aventuriers de l'impossible, trouver la quietude, l'isolement et le défi sportif au coeur de l'Himalaya. Mais plutôt que de se retrouver sur les sentiers cartographiés par tous ces jolis guides, et sur de croiser des « etrangers » dans tous les sens, nous avons optés pour une solution plus « rrrrremote ». C'est décidé : 10 jours de trekking sur la route des lacs avec pour compagnie : Youndous (guide), Durgan (cuistot) et 5 poneys.

Quelques heures avant le départ, les 5 poneys se transforment en 6, 7 puis 8 poneys + deux horse-men. Pourquoi... pas ?

Maintenant nous sommes dignes de la plus belle expédition extrême, un mix entre indiana jones et la 7° compagnie. Petit détail piquant : Victor se cherche un pantalon, car on lui a dit qu'un trek a plus de 4000 mètres ne se fait pas en short (??!).

Voila pour les préparatifs. Mon boulot de pigiste s'arrête là, où presque, car maintenant, place aux photos !

 

 

 Quelques points de repère quand même:

10 jours de trek, entre 3 et 5 heures de marche/jour, altitude max 5400 m, belotte en 5000 points, 2 bouteilles de ruhm de l'armée du Kashemir, des frites et un gateau au chocolat a 5000 m grâce à Durgan, des marmottes, des ânes sauvages, des loups et de beaux cailloux (pour Amaury). Pour le reste (le meilleur), c'est difficile de raconter...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Bande son assurée par notre ami tibétain CHOEDAK (souvenez-vous, dans la jeep!)

 
Encore plus de photos dans les albums dispos sur ce blog!

Publié dans antoinecarrier

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olivier 13/08/2007 12:12

C'est vraiment chouette!!!!