Trafic jam, part 1

Publié le par Antoine

Un bon moyen de ne pas subir le trafic incessant de Bangalore est d?essayer de le comprendre.
En tant que chercheur (pour encore 1 mois), une approche scientifique est de rigueur :

 -         Problématique: c'est quoi ce bazar?

-         Hypothèse de départ: on suppose un code de la route inexistant.

-         Dispositif expérimental: obtention d'un permis de conduire auprès des autorités locales compétentes.

-         Résultat: c'est quoi ce bazar?

 

Tout permis (2, 3, 4 roues) s'obtient en deux temps:

1 - Learning Lisence (LL) = Permis apprenti
2 - Driving License (DL) = Permis définitif

Me voici donc lancé dans la quête de la tant convoitée LL...

Lors de mon arrivée au Road Transport Office, première surprise : la moitié des indiens viennent passer leur permis... en moto !! Et sans que ça ne gène personne, il font la queue le casque au bras.

Après quelques allers-retours dans différents bureaux avec des tampons de toutes les couleurs et presque plus de cheveux, on m'introduit dans la salle d'examen (surprise...). Là, assis, silencieux, une cinquantaine d'indiens, garçons filles séparés, attendent patiemment. Sur les murs de grandes photos sont exposées. Elles ont été prises après des accidents mortels de la route. Explicites et ensanglantées, elles me donnent la nausée.

En face de tous, un grand poster avec une centaine de panneaux de signalisation. Certains classiques, d?autres plus exotiques...

   

 

Une unique leçon de 20 minutes par un indien à l?anglais plus que douteux suffit à préparer les élèves. J?ai comprit une partie du discours.

Morceau choisi :

While driving, it is sufficient:
a.       To use only indicators.
b.      To show only hand signals.
c.       To use both light indicators & hand signals.

Réponse: C
Justification: You never know if your signals are working well or not.

A ce train là, on a mieux fait de le prendre plutôt que la voiture...

Il faut un minimum de 10/15 pour avoir ce « code », mais apparemment ce n?était pas évident pour tout le monde.
Mais, benco ! Mon voisin l?a du premier coup...donc moi aussi ! Comme il n?y a que 0.1 cm entre les chaises en plastique, c?est du genre examen commun : un pour tous et un pour tous !

 
Cette première expérience aura été des plus instructive :

Je suis complètement flippé à l?idée de me retrouver dans un trafic maîtrisé par des conducteurs dont la licence ne vaut pas une cacahuète.
Donc, c?est logiquement que je laisse tomber l?idée de la moto... snif ! Seulement voilà, la voiture c?est trop banal.
Une alternative pointe alors le bout du nez : ze thrrrrrree wheelers !!! (le fameux auto rickshaw, ou tuc tuc pour les intimes).

Et me voilà donc officiellement détenteur d?une Licence trois roues, mais pas encore de l'engin en question. Avec, je peux conduire mais sans passager. Pour obtenir ma DL (permit définitif), il me faut attendre un mois, et c'est tout!

Les plus perspicaces remarqueront que je suis maintenant un chauffeur régulier sans avoir pris une seule leçon de conduite... Le L de Learning Licence à l'arrière du véhicule prend ici toute son importance : « Attention, j?apprends sur le tas ».

Incredible India !

Publié dans antoinecarrier

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